Bore — rôle biologique et données scientifiques
Le bore (B, Z=5) est un métalloïde présent à l'état de traces dans les aliments d'origine végétale (~1–3 mg/j dans les régimes occidentaux). Ni l'EFSA ni l'ANSES n'ont pu établir de référence nutritionnelle (AI ou RNP) car aucune fonction biologique essentielle rigoureusement démontrée chez l'humain sain n'a été identifiée. Cependant, des données expérimentales et observationnelles suggèrent des rôles bénéfiques potentiels à des doses alimentaires habituelles (1–3 mg/j) :
- Métabolisme osseux : Des études d'observation (Nielsen FH et al., 1987, PMID: 3678698) ont montré qu'une supplémentation de 3 mg/j de bore chez des femmes ménopausées déficientes réduit l'excrétion urinaire de calcium et de magnésium, et augmente les taux sériques d'œstradiol et de testostérone. Ces effets sont modulés par le statut en vitamine D, magnésium et œstrogènes.
- Hormones stéroïdes : Une étude (Naghii et al., J Trace Elem Med Biol 2011, PMID: 21129941, n=8 hommes sains, 10 mg/j × 1 semaine) a montré une augmentation de ~28% de la testostérone libre et une réduction de la SHBG — données préliminaires, effectif très faible, durée trop courte pour être conclusif.
- Fonction cognitive et cérébrale : Des études de déplétion-restitution (Penland JG, Environ Health Perspect 1994) montrent que des apports <0,3 mg/j en bore altèrent les performances cognitives et l'activité EEG — suggérant un rôle dans la neurophysiologie.
Bore et signalisation cellulaire
Le bore forme des esters covalents réversibles avec les polyols (ribose, sérine, tyrosine) et peut interagir avec les groupements hydroxyle de nombreux cofacteurs biologiques incluant la SAM (S-adénosylméthionine), la NAD, la riboflavine et le pyridoxal phosphate. Des études in vitro (Rowe RI et al.) suggèrent que le bore peut moduler l'activité de certaines enzymes dépendantes de ces cofacteurs. Il a également été proposé que le bore influence la méthylation de l'ADN via son effet sur la SAM — un mécanisme épigénétique potentiel qui reste à confirmer chez l'humain in vivo.
Références
Nielsen FH. Update on human health effects of boron. J Trace Elem Med Biol. 2014;28(4):383-7. PMID: 25063690 · Pizzorno L. Nothing boring about boron. Integr Med (Encinitas). 2015;14(4):35-48. PMID: 26770156 · Nielsen FH et al. Effect of dietary boron on mineral, estrogen, and testosterone metabolism in postmenopausal women. FASEB J. 1987;1(5):394-7. PMID: 3678698
Statut réglementaire — pas de DRV EFSA/ANSES
| Source | Valeur | Statut |
|---|---|---|
| EFSA / ANSES 2021 | Aucune AI/RNP établie | Preuves insuffisantes d'essentialité |
| IOM/USA 2001 — UL | 20 mg/j (UL) | Seule valeur établie par l'IOM |
| Apports habituels (régime occidental) | ~1–3 mg/j | Via fruits, légumes, noix |
| Apports habituels (végétarien) | ~3–6 mg/j | Plus élevés — alimentation végétale |
| LSS EFSA (SCF 2002) | 10 mg/j | Basée sur la NOAEL animale |
| Indication | Forme | Dose | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Alimentation équilibrée (suffisant) | Fruits, légumes, noix | ~1–3 mg/j alimentaire | Légumineuses, prunes, avocats, raisins |
| Usage en médecine fonctionnelle (os, testostérone) | Bore glycinate ou fructoborate | 3–10 mg/j | Usage hors DRV — données préliminaires |
| Ne pas dépasser (IOM UL) | Toutes sources | 20 mg/j | > 10 mg/j : risque d'irritation, effets hormonaux |