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Oligo-élément — statut controversé

Chrome

Cr³⁺ · Picolinate de chrome · Chromoduline · Insuline

Le chrome trivalent est souvent présenté comme essentiel à la régulation de la glycémie, mais l'EFSA (2014) a conclu qu'aucune valeur de référence (AI ni PRI) ne peut être établie faute de preuve d'une fonction essentielle indiscutable chez l'humain. Les données cliniques sur le picolinate de chrome dans le diabète sont contradictoires. Le chrome hexavalent industriel est un cancérogène avéré, sans lien avec le chrome alimentaire.

Données clés

Numéro atomique24 — Cr³⁺
ClasseOligo-élément — statut débattu
DRV EFSA 2014Aucune (AI/PRI non établie)
Valeur étiquetage UE35 µg/j
Chrome Cr⁶⁺Cancérogène IARC groupe 1
Utilité des supplémentsNon démontrée en population non carencée

Tous les minéraux — Référentiel ScienSanté

Chrome — rôle controversé et données scientifiques

Le chrome trivalent (Cr³⁺, Z=24) est souvent présenté comme essentiel au métabolisme glucidique, mais son statut d'oligo-élément essentiel est aujourd'hui scientifiquement remis en question. Contrairement au chrome hexavalent (Cr⁶⁺, toxique et cancérogène industriel), le chrome trivalent alimentaire est peu toxique et présent en quantités traces dans de nombreux aliments.

Le mécanisme proposé de son action : le chrome favoriserait la signalisation insulinique via la chromoduline (oligopeptide liant le chrome et potentialisant le récepteur de l'insuline) — mais la chromoduline n'a jamais été isolée chez l'humain in vivo avec certitude, et les données cliniques sur l'effet du chrome sur la glycémie sont contradictoires. L'EFSA (2014) a conclu qu'il était impossible d'établir un besoin nutritionnel moyen ou une valeur de référence (PRI ou AI) pour le chrome, faute de critère d'adéquation validé.

Pas de DRV officielle pour le chrome : Contrairement à tous les autres minéraux, l'EFSA (2014) a explicitement conclu qu'un AI ou PRI ne peut pas être établi pour le chrome trivalent car aucune fonction biologique essentielle indiscutable n'a été démontrée. La mention 'chrome' sur les étiquettes nutritionnelles utilise une valeur de référence réglementaire (35 µg/j, règlement UE 1169/2011) qui n'a pas la même signification scientifique qu'un RNP ou AI fondé sur une preuve biologique.

État des données cliniques en 2024

La méta-analyse de Balk et al. (Am J Clin Nutr 2007, PMID: 17413094, 20 essais, n=1690) a montré que le picolinate de chrome réduit légèrement la glycémie à jeun chez les diabétiques (-1,0 mmol/L en moyenne) et l'HbA1c (-0,6%) dans une minorité des essais. Cependant, la méta-analyse de Chen et al. (Nutr Metab 2014) incluant davantage d'essais plus récents ne retrouve pas de bénéfice significatif sur la résistance à l'insuline ou l'HbA1c chez les patients diabétiques ou prédiabétiques traités par picolinate de chrome. L'EFSA et la FDA considèrent les preuves insuffisantes pour recommander le chrome comme complément thérapeutique dans le diabète.

Références

Balk EM et al. Effect of chromium supplementation on glucose metabolism and lipids: a systematic review of randomized controlled trials. Diabetes Care. 2007;30(8):2154-63. PMID: 17413094 · EFSA NDA Panel. Scientific Opinion on DRVs for chromium. EFSA Journal. 2014;12(10):3845. doi:10.2903/j.efsa.2014.3845

Statut réglementaire — pas de DRV EFSA

SourceValeurStatut
EFSA NDA Panel 2014Pas de AI/PRI établiePreuves insuffisantes
Règlement UE 1169/2011 (étiquetage)35 µg/jValeur réglementaire d'étiquetage uniquement
IOM/USA (AI obsolète)25–35 µg/jValeur ancienne, méthodologie critiquée
LSS (EFSA)Non définiePas de preuve de toxicité aux doses alimentaires
Source : EFSA NDA Panel. Scientific Opinion on DRVs for chromium. EFSA Journal. 2014;12(10):3845. Conclusion : "Setting an AI or PRI for chromium is not appropriate given the current state of evidence."
Le chrome hexavalent (Cr⁶⁺) est radicalement différent : Le chrome industriel hexavalent (présent dans certaines eaux contaminées, peintures, soudures) est cancérogène avéré (IARC groupe 1) — cause de cancer pulmonaire et de la peau. Il n'a aucune relation avec le chrome trivalent alimentaire (Cr³⁺) qui est la forme retrouvée dans les aliments et les compléments.

Sources alimentaires de chrome

Les données de teneur en chrome des aliments sont peu fiables en raison des difficultés analytiques (contamination lors du dosage, variabilité des sols). Les estimations disponibles suggèrent que les aliments les plus riches sont :

Levure de bière (10g)
~2–3 µg (estimé)
Huîtres (100g)
~20–60 µg (très variable)
Bœuf (100g)
~2–10 µg
Céréales complètes (100g)
~4–10 µg
Brocoli (100g)
~11 µg
Fiabilité des données analytiques : Les teneurs en chrome des tables de composition alimentaire sont souvent surestimées par contamination lors du dosage (chrome omniprésent dans les aciers inoxydables). Les valeurs actuelles sont à interpréter avec précaution.

Sommaire

Statut scientifique du chrome Statut réglementaire Sources alimentaires

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Non disponible — absence de preuve d'efficacité

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