Toutes les vitamines — Encyclopédie ScienSanté
Vitamine D : de la synthèse cutanée à l’hormone active
La vitamine D désigne deux molécules : le cholécalciférol (D3), synthétisé par la peau à partir du 7-déhydrocholestérol sous l’effet des UVB, et l’ergocalciférol (D2), d’origine végétale/fongique. Contrairement aux autres vitamines, 80 à 90% des apports proviennent normalement de la synthèse cutanée et non de l’alimentation.
Le calcitriol régule l’absorption intestinale du calcium et du phosphore, la minéralisation osseuse en synergie avec la vitamine K2, la contraction musculaire, et module l’immunité innée (peptides antimicrobiens) et adaptative (lymphocytes T régulateurs).
Apports recommandés ANSES 2021 et EFSA
L’ANSES fixe la référence nutritionnelle pour la population (RNP) à 15 µg/jour (600 UI) pour les adultes, en supposant une exposition solaire limitée. L’EFSA retient la même valeur (PRI 2015). La limite supérieure de sécurité (LSS) est fixée à 100 µg/jour (4000 UI) chez l’adulte.
Les besoins augmentent chez les personnes âgées (synthèse cutanée réduite de moitié après 70 ans), les peaux foncées, les personnes en surpoids (séquestration dans le tissu adipeux) et en l’absence d’exposition solaire régulière.
Synthèse cutanée et sources alimentaires
L’exposition solaire (visage et avant-bras, 10 à 20 minutes, plusieurs fois par semaine en été) reste la source principale en France, mais devient insuffisante d’octobre à mars en raison de l’angle solaire. Les sources alimentaires sont naturellement limitées.
Supplémentation : formes, dosages et populations cibles
La supplémentation est systématiquement recommandée en France chez le nourrisson, et conseillée en période hivernale pour la population générale ainsi que pour les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes à la peau foncée ou peu exposées au soleil.
Les protocoles vont de doses quotidiennes (400 à 2000 UI/j) à des doses trimestrielles supervisées par un professionnel de santé (ex. 100 000 UI). Un dosage sanguin préalable permet d’ajuster la posologie et d’éviter tout risque de surdosage.
Interactions avec d’autres nutriments et médicaments
Synergie avec la vitamine K2 et le calcium
La vitamine D augmente l’absorption intestinale du calcium, tandis que la vitamine K2 active les protéines (ostéocalcine, MGP) qui dirigent ce calcium vers l’os plutôt que vers les tissus mous.
Magnésium, cofacteur nécessaire
Le magnésium est indispensable aux enzymes hépatiques et rénales qui activent la vitamine D ; une carence en magnésium peut réduire l’efficacité d’une supplémentation en vitamine D.
Médicaments concernés
Les corticoïdes au long cours, certains anticonvulsivants et les traitements réduisant l’absorption des graisses diminuent le statut en vitamine D.