VITAMINE LIPOSOLUBLE — HORMONE STÉROÏDIENNE

Vitamine D

Cholécalciférol (D3) · Ergocalciférol (D2) · Calcidiol · Calcitriol · VDR

La vitamine D est une hormone stéroïdienne synthétisée majoritairement par la peau sous l’effet des rayons UVB, et non un nutriment essentiel au sens strict. Elle régule l’absorption intestinale du calcium et du phosphore, la minéralisation osseuse, l’immunité innée et adaptative, et plus de 1000 gènes via son récepteur nucléaire VDR. La carence est très fréquente en France, particulièrement en hiver.

DONNÉES CLÉS

SolubilitéLiposoluble
RNP adulte (ANSES 2021)15 µg/j (600 UI)
PRI EFSA 201515 µg/j (600 UI)
LSS (EFSA)100 µg/j (4000 UI)
Statut sérique cible25(OH)D ≥ 50 nmol/L
RécepteurVDR — >1000 gènes régulés

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Vitamine D : de la synthèse cutanée à l’hormone active

La vitamine D désigne deux molécules : le cholécalciférol (D3), synthétisé par la peau à partir du 7-déhydrocholestérol sous l’effet des UVB, et l’ergocalciférol (D2), d’origine végétale/fongique. Contrairement aux autres vitamines, 80 à 90% des apports proviennent normalement de la synthèse cutanée et non de l’alimentation.

Métabolisation en deux étapes : la vitamine D3/D2 est d’abord hydroxylée dans le foie en calcidiol (25(OH)D), forme de stockage circulante dosée en biologie, puis dans le rein en calcitriol (1,25(OH)2D), forme hormonale active qui se lie au récepteur nucléaire VDR présent dans la quasi-totalité des tissus.

Le calcitriol régule l’absorption intestinale du calcium et du phosphore, la minéralisation osseuse en synergie avec la vitamine K2, la contraction musculaire, et module l’immunité innée (peptides antimicrobiens) et adaptative (lymphocytes T régulateurs).

Apports recommandés ANSES 2021 et EFSA

L’ANSES fixe la référence nutritionnelle pour la population (RNP) à 15 µg/jour (600 UI) pour les adultes, en supposant une exposition solaire limitée. L’EFSA retient la même valeur (PRI 2015). La limite supérieure de sécurité (LSS) est fixée à 100 µg/jour (4000 UI) chez l’adulte.

Statut sérique : l’ANSES considère une carence en dessous de 25 nmol/L de 25(OH)D et recommande un statut satisfaisant ≥ 50 nmol/L (20 ng/mL). Certains sociétés savantes proposent un seuil optimal plus élevé (75 nmol/L), sujet encore débattu dans la littérature.

Les besoins augmentent chez les personnes âgées (synthèse cutanée réduite de moitié après 70 ans), les peaux foncées, les personnes en surpoids (séquestration dans le tissu adipeux) et en l’absence d’exposition solaire régulière.

Synthèse cutanée et sources alimentaires

L’exposition solaire (visage et avant-bras, 10 à 20 minutes, plusieurs fois par semaine en été) reste la source principale en France, mais devient insuffisante d’octobre à mars en raison de l’angle solaire. Les sources alimentaires sont naturellement limitées.

Aliments les plus riches : poissons gras (saumon, maquereau, sardine, hareng), huile de foie de morue, jaune d’œuf, foie, champignons exposés aux UV. Contrairement aux États-Unis ou au Canada, l’enrichissement systématique des aliments (lait, céréales) reste marginal en France.

Supplémentation : formes, dosages et populations cibles

La supplémentation est systématiquement recommandée en France chez le nourrisson, et conseillée en période hivernale pour la population générale ainsi que pour les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes à la peau foncée ou peu exposées au soleil.

D3 versus D2 : le cholécalciférol (D3) augmente le statut sérique en 25(OH)D de manière plus efficace et durable que l’ergocalciférol (D2) d’origine végétale, selon plusieurs méta-analyses. La prise concomitante d’un repas contenant des lipides améliore son absorption, la vitamine D étant liposoluble.

Les protocoles vont de doses quotidiennes (400 à 2000 UI/j) à des doses trimestrielles supervisées par un professionnel de santé (ex. 100 000 UI). Un dosage sanguin préalable permet d’ajuster la posologie et d’éviter tout risque de surdosage.

Interactions avec d’autres nutriments et médicaments

Synergie avec la vitamine K2 et le calcium

La vitamine D augmente l’absorption intestinale du calcium, tandis que la vitamine K2 active les protéines (ostéocalcine, MGP) qui dirigent ce calcium vers l’os plutôt que vers les tissus mous.

Magnésium, cofacteur nécessaire

Le magnésium est indispensable aux enzymes hépatiques et rénales qui activent la vitamine D ; une carence en magnésium peut réduire l’efficacité d’une supplémentation en vitamine D.

Médicaments concernés

Les corticoïdes au long cours, certains anticonvulsivants et les traitements réduisant l’absorption des graisses diminuent le statut en vitamine D.

Sommaire

Définition & métabolisme Recommandations ANSES/EFSA Sources alimentaires Supplémentation clinique Interactions

Vitamine D SciensLab

Cholécalciférol D3 1000–2000 UI — idéalement avec K2

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