Maladies cardiovasculaires
Réhabilitation cardiaque — gold standard
La réhabilitation cardiaque (RC) est un programme multidisciplinaire supervisé recommandé après infarctus du myocarde, angioplastie coronaire, pontage ou pour l'insuffisance cardiaque. Elle combine entraînement aérobie, renforcement musculaire, éducation thérapeutique et soutien psychologique.
- Mortalité cardiovasculaire : méta-analyse Cochrane (Anderson et al. 2016. PMID: 27225929, 14 486 patients) — réduction de 26% de la mortalité CV avec RC vs soins standard
- VO₂max : ↑ 15–25% après 3 mois de RC
- Qualité de vie : amélioration significative de tous les scores (SF-36, MLHFQ)
- Réhospitalisations : ↓ 18–28%
Diabète de type 2
Mécanismes de l'exercice dans le DT2
Données cliniques (HAS 2022 · ADA 2023)
- HbA1c : méta-analyse (Umpierre et al. JAMA 2011. PMID: 21304082, 47 RCTs) — ↓ HbA1c de 0,67% avec exercice structuré · -0,89% si combinaison endurance + renforcement
- Poids corporel : ↓ 1,5 kg en moyenne avec programme d'activité physique de 12 sem
- Recommandation HAS 2022 : 150 min/sem activité modérée, pas plus de 2 jours consécutifs sans exercice · renforcement 2–3×/sem
- Surveillance glycémique : adapter les prises alimentaires et médicamenteuses lors des séances prolongées (>1h) si traitement insulinosécréteur
Cancer — l'exercice comme thérapeutique
Exercice pendant et après le traitement
L'inactivité pendant le traitement du cancer est associée à une fatigue accrue, une toxicité majorée et une réduction de la qualité de vie. À l'inverse, l'exercice adapté est sûr et bénéfique même pendant la chimiothérapie et la radiothérapie.
- Fatigue oncologique : méta-analyse Cochrane (Mustian et al. JAMA Oncol. 2017. PMID: 28253305) — l'exercice est plus efficace que la plupart des médicaments pour la fatigue liée au cancer (SMD -0,30)
- Survie — cancer du sein : Holmes et al. (JAMA. 2005. PMID: 15755943) — ≥3 MET-h/sem d'AP → réduction de 26–40% de la mortalité spécifique cancer du sein
- Survie — cancer colorectal : ≥18 MET-h/sem → réduction de mortalité de 28% (Meyerhardt et al. JAMA. 2006. PMID: 17018804)
- Qualité de vie : amélioration constante dans toutes les méta-analyses (estime de soi, anxiété, dépression, image corporelle)
| Pendant traitement | Activité aérobie modérée 150 min/sem si tolérance · adapter à la fatigue et toxicité hématologique |
| Après traitement | 150–300 min/sem modérée ou 75–150 min vigoureuse + renforcement 2×/sem |
| Supervision | Enseignant APA ou kinésithérapeute formé en oncologie — programme individualisé |
Maladies neurologiques
Sclérose en plaques (SEP)
Longtemps contre-indiquée par crainte d'exacerbation, l'activité physique est aujourd'hui recommandée dans la SEP. Méta-analyse (Motl & Gosney. Neurorehabil Neural Repair. 2008. PMID: 18096694) : l'exercice améliore la fatigue (ES -0,43), la dépression, la mobilité et la qualité de vie sans augmenter le risque de rechute. Le HIIT est toléré si la thermorégulation est adaptée (éviter hyperthermie — phénomène d'Uhthoff).
Maladie de Parkinson
- L'exercice aérobie (tapis roulant, vélo) améliore la vitesse de marche, l'équilibre et réduit le freezing — méta-analyse (Tomlinson et al. Cochrane. 2013. PMID: 23888428)
- La danse (Tango argentin) et le Tai Chi montrent des bénéfices spécifiques sur l'équilibre et le contrôle postural
- Données précliniques : BDNF neuroprotecteur via l'exercice — neurogenèse et plasticité dans les ganglions de la base
Accident vasculaire cérébral (AVC)
La rééducation neurologique précoce après AVC est le pilier du traitement MPR. L'exercice aérobie en phase chronique améliore la capacité cardiorespiratoire, la marche et la qualité de vie. La récupération motrice reste possible bien après la période dite «critique» grâce à la neuroplasticité.